Conclusion - Les Eaux Changeantes
Les jours ont passé. Les observations se sont multipliées. Les Veilleurs ont suivi la rivière bien au-delà du village des loutres. Les Bâtisseurs ont inspecté les berges, étudié les courants et comparé leurs mesures avec celles du barrage. Les Gardiens ont accompagné chaque expédition, prêts à intervenir si le phénomène devenait dangereux.
Et finalement...
Quelque chose a été découvert.
Mais pas une réponse.
Au contraire. Une nouvelle question.
Érable, Conseiller d’Érablia, s’avance une nouvelle fois devant la cité.
Castors d’Érablia,
Nos équipes sont revenues. Depuis plusieurs jours, elles parcourent la rivière à la recherche de l’origine des variations qui frappent le village de nos voisins. Nous avons suivi les courants. Nous avons inspecté les berges. Nous avons étudié les endroits où l’eau semble se comporter différemment. Et nous avons trouvé quelque chose.
Sous la surface de la rivière se trouvent d’étranges ouvertures. Parfaitement circulaires. Certaines rejettent de puissants jets d’eau. D’autres semblent absorber le courant. Et parfois... Elles font les deux.
Au début, les Bâtisseurs ont cru qu’il pouvait s’agir de formations naturelles. Des passages creusés par l’eau. Des fissures dans la roche. Peut-être même d’anciens tunnels souterrains. Mais leur forme est trop parfaite. Leurs contours sont trop réguliers. Et leur comportement ne ressemble à rien de ce que nous connaissons.
Veilleurs du Bois, Vous avez suivi les variations du courant et découvert plusieurs de ces ouvertures le long de la rivière. Vos observations ont confirmé qu’elles ne réagissent pas toutes de la même manière. Certaines demeurent calmes pendant des heures avant de soudainement rejeter de l’eau. D’autres aspirent le courant avant de s’arrêter sans avertissement. Grâce à vous, nous savons maintenant que le phénomène ne se limite pas au village des loutres.
Bâtisseurs du Rivage, Vous avez étudié chacune des ouvertures découvertes. Vous avez mesuré leur taille, observé leur forme et tenté de comprendre leur fonctionnement. Mais aucune construction connue d’Érablia ne fonctionne ainsi. Aucun mécanisme du barrage ne pourrait provoquer un tel phénomène. Et aucune explication naturelle ne correspond à ce que nous observons.
Gardiens du Barrage, Vous avez protégé nos équipes pendant qu’elles remontaient la rivière et exploré des secteurs où peu de citoyens d’Érablia s’étaient aventurés auparavant. Grâce à votre vigilance, toutes nos équipes sont revenues saines et sauves.
Mais elles sont revenues...
Les mains vides.
Car malgré toutes nos recherches, nous n’avons pas trouvé la source de ces ouvertures. Nous avons remonté la rivière. Nous avons suivi les courants. Nous avons fouillé les berges. Nous avons exploré les bois environnants. Chaque fois que nous pensions nous rapprocher d’une réponse... La rivière nous conduisait ailleurs.
Certaines ouvertures semblent mener profondément sous la terre. D’autres disparaissent sous des formations rocheuses impossibles à explorer depuis la surface. Et lorsque nous tentons de suivre le mouvement de l’eau... Les courants se croisent. Se divisent. Puis disparaissent. Nous savons maintenant qu’il existe quelque chose sous cette rivière. Mais nous ignorons encore quoi. Nous ignorons qui a créé ces ouvertures. Nous ignorons depuis combien de temps elles sont là.
Et surtout...
Nous ignorons où elles mènent.
Depuis cette découverte, les Bâtisseurs continuent de surveiller le niveau de l’eau. Les Veilleurs cartographient chacune des ouvertures trouvées. Les Gardiens maintiennent leurs patrouilles le long de la rivière.
Quant aux loutres... Elles observent désormais les eaux avec les castors. Leur village demeure protégé. Les montées de la rivière sont mieux surveillées. Mais le phénomène continue. Certaines nuits, l’eau monte. Puis elle redescend. Et quelque part sous la surface... Les ouvertures continuent d’aspirer et de rejeter l’eau. Comme si quelque chose, profondément enfoui sous la rivière, contrôlait un réseau que personne à Érablia ne savait même exister.
Le mystère de la rivière n’est donc pas résolu. Mais pour la première fois... Nous savons où chercher. Sous nos pattes. Sous la rivière. Sous les racines de la forêt. Quelque chose se cache dans les profondeurs. Et tôt ou tard... Nous découvrirons quoi.
Souvenez-vous :
« Certaines réponses ne se trouvent pas au bout du courant.
Parfois...
Pour comprendre ce qui se passe à la surface...
Il faut découvrir ce qui se cache en dessous. »
Reposez-vous maintenant.
Nos équipes ont parcouru assez de chemin pour aujourd’hui.
Car bientôt...
Il faudra peut-être cesser de suivre la rivière.
Et commencer à chercher...
sous elle.