Pourquoi joue-t-on encore à l’arcade?

« Je venais à peine de m’asseoir contre mon arbre lorsque Riku est apparu au bord de la rivière. »

« Castor! J’ai entendu dire que ta colonie avait bâti l’Arcade des Écorces… Tu crois connaître les arcades? Tu devrais voir celles du Japon. » Elles sont incroyables!!

Je relevai les oreilles.

« Raconte-moi tout, Riku. »

Assis contre mon arbre, les pattes dans l’eau, je réfléchis à ce que je viens d’apprendre de mon ami le Ragondin et je me questionne…

Riku, l’ami de Érable le castor mythique est un petit Ragondin solitaire qui vit près de la colonie, son histoire est surprenante, il vient des risières du Japon, découvre cette nouvelle figure d’Érablia dans l’Académie d’Érablia

Une drôle de question me traverse l’esprit.

Pourquoi quelqu’un paierait-il pour jouer quelques minutes à un jeu… alors qu’il peut rester dans sa tanière et jouer pendant des heures?

Avouez que c’est une drôle d’idée.

Aujourd’hui, nous avons des consoles, des ordinateurs, des jeux sur téléphone… des mondes tellement grands qu’on pourrait y passer des semaines.

Alors pourquoi l’arcade?

Avant les jeux vidéo, il y avait déjà l’arcade…

Bien avant les écrans, on trouvait déjà des machines mécaniques : jeux de tir, machines d’adresse, flippers, attractions…

On mettait une pièce.

On essayait.

On obtenait un résultat.

Et parfois…

on voulait recommencer.

Puis les ordinateurs sont arrivés.

Avant que les salles d’arcade deviennent des forêts de néons, les premières graines du jeu vidéo avaient déjà été plantées… dans les universités.

En 1962, Spacewar! prend vie sur le PDP-1 du MIT, l’un des premiers jeux vidéo de l’histoire.

Spacewar! sur un PDP-1 — Photo : Joi Ito, CC BY 2.0.

Quelques années plus tard, quelqu’un a une idée plutôt audacieuse :

« Et si on faisait payer les gens pour jouer à un jeu vidéo? »

En 1971 apparaît Computer Space, généralement considéré comme le premier jeu vidéo d’arcade commercial produit en série.

Computer Space (1971) — Photo : Marica Massaro, CC BY-SA 4.0.

Mais il y avait un problème.

Il fallait comprendre comment jouer.

Et dans une arcade, le joueur n’allait pas nécessairement rester vingt minutes devant la machine à essayer de comprendre les commandes.

Le jeu devait être rapide à comprendre.

Une pièce… et tu dois comprendre immédiatement!

Puis arrive Pong.

Pong, Atari (1972) — Photo : Rob Boudon, CC BY 2.0.

Deux raquettes.

Une balle.

Et voilà.

Même le Castor comprend.

Enfin…presque. 🦫

Pas besoin d’un manuel de 200 pages.

Tu mets une pièce.

Tu joues.

Tu comprends.

Et tu essaies de gagner.

Une histoire raconte même que le prototype de Pong, installé dans un bar, aurait cessé de fonctionner parce que son contenant à pièces était tellement rempli qu’il bloquait la machine.

Imaginez ça!

L’un des premiers problèmes de Pong aurait été causé par…

trop d’argent.

Ça commence plutôt bien.

Puis un créateur regarde une pizza…

Selon l'une des histoires les plus célèbres entourant sa création, la forme de Pac-Man aurait été inspirée par une pizza à laquelle il manquait une pointe.

À cette époque, beaucoup de jeux mettent en scène des vaisseaux, des extraterrestres et des tirs.

Mais Toru Iwatani veut autre chose.

Il veut créer un jeu capable d’attirer des gens qui ne se considèrent pas nécessairement comme des joueurs.

Et l’une des histoires les plus célèbres entourant l’inspiration de son personnage?

Une pizza à laquelle il manque une pointe.

Pac-Man.

Pas d’armée.

Pas de laser.

Pas d’extraterrestres à pulvériser.

On mange.

On évite les fantômes.

On observe.

On apprend leurs déplacements.

Et on recommence.

Pac-Man va contribuer à élargir le public du jeu d’arcade.

L’arcade devient progressivement un endroit où beaucoup plus de gens peuvent venir essayer.

Faits intéressants sur Pac-Man

Il ne s'appelait pas Pac-Man au départ. Au Japon, le jeu était commercialisé sous le nom Puck Man. Pour le marché anglophone, le nom a été changé en Pac-Man, notamment par crainte que des vandales transforment facilement le « P » de Puck en « F » sur les bornes.

Les quatre fantômes ont des noms. Blinky, Pinky, Inky et Clyde ne sont d'ailleurs pas seulement quatre ennemis identiques visuellement : leur comportement donne au joueur l'impression qu'ils poursuivent Pac-Man de façons différentes. Bandai Namco utilise toujours officiellement ces quatre noms aujourd'hui.

Mais pourquoi étaient-ils si difficiles?

C’est là que le Ragondin m’interrompt.

« Castor… tu as remarqué quelque chose? »

Je le regarde.

« Quoi donc? »

« Dans les vieux jeux d’arcade, tu ne joues pas longtemps… mais tu apprends rapidement. »

Et il a raison.

Tu commences.

Tu échoues.

Tu comprends pourquoi.

Tu recommences.

Tu vas un peu plus loin.

Puis encore un peu.

L’échec devient ton professeur.

Le jeu ne te demande pas nécessairement :

« Combien d’heures veux-tu jouer? »

Il te demande plutôt :

« Peux-tu faire mieux que la dernière fois? »

Et ça change tout.

Les créateurs ont commencé à expérimenter

C’est peut-être ce qui me fascine le plus dans l’histoire de l’arcade.

Les concepteurs ne se sont pas contentés de mettre un écran devant nous.

Ils ont commencé à se demander :

« Et si le joueur faisait partie du jeu? »

Alors sont apparus…

🏎️ Des volants;

🔫 Des pistolets;

🥁 Des tambours;

🕺 Des tapis de danse;

🎣 Des cannes à pêche;

🏍️ Des motos;

🚗 Des voitures;

💥 Des sièges qui bougent.

Et même Time Traveler, en 1991, une borne qui donnait l’impression de faire apparaître de véritables personnages en 3D devant le joueur.

Time Traveler (1991)

— Une illusion de “personnages holographiques” créée notamment grâce à un miroir concave.

Le secret? Ce n’était pas réellement un hologramme : un écran, un LaserDisc et un miroir concave créaient l’illusion que les personnages flottaient dans les airs.

La borne devenait presque une attraction.

Tu ne venais plus seulement jouer.

Tu venais voir ce que la machine était capable de faire.

Puis le Ragondin me parle du Japon…

« Castor, tu devrais voir les game centers japonais. Il existe même à Tokyo des salles devenues de véritables lieux de pèlerinage pour les amateurs d'arcade, comme le Game Center Mikado, où des centaines de vieilles machines continuent de vivre. »

Image généré par IA

Je l’écoute attentivement.

Il me parle de jeux de rythme où les joueurs frappent réellement des tambours.

De jeux où ils dansent.

De gigantesques interfaces tactiles.

De machines de course.

De jeux où l’on collectionne des cartes physiques pour ensuite les utiliser dans le jeu.

Et surtout…

il me raconte avoir vu des joueurs tellement habiles qu’ils attiraient naturellement les regards autour d’eux.

Je comprends alors quelque chose.

L’arcade peut devenir un spectacle.

Tu peux venir pour jouer.

Mais tu peux aussi venir pour regarder.

Pour apprendre.

Pour essayer de reproduire ce que tu viens de voir.

Pour rencontrer d’autres joueurs.

Et certains jeux ont presque disparu…

Je demande alors au Ragondin :

« Mais pourquoi certains jeux sont-ils devenus célèbres… alors que d’autres sont presque tombés dans l’oubli? »

Il hausse les épaules.

Et c’est vrai.

Tout le monde connaît Pac-Man.

Mais l’histoire de l’arcade est remplie de jeux que beaucoup de gens ne connaissent plus.

  • Boogie Wings.

  • Ninja Baseball Bat Man.

  • Battle Circuit.

  • Shock Troopers.

Des jeux étranges.

Des jeux brillants.

Des jeux complètement fous.

Certains n’ont jamais connu le succès des grands classiques.

Mais ils ont encore leurs passionnés.

Et ça me fait réfléchir.

Un jeu doit-il être célèbre pour avoir compté?

Peut-être pas.

Il suffit parfois qu’une poignée de joueurs se souviennent encore de cette sensation.

Même les casinos me font réfléchir!

Puis une autre comparaison me vient.

Les machines à sous ressemblent parfois étrangement aux bornes d’arcade.

J’ai vu de loin les casinos briller sur le lac…

Des lumières.

Des sons.

Une animation.

Un résultat immédiat.

Et cette petite envie de recommencer.

Mais la différence est essentielle.

Dans une arcade, tu paies généralement pour essayer de maîtriser quelque chose.

À la machine à sous, le résultat dépend principalement du hasard.

Et pourtant, les deux exploitent une boucle très simple :

jouer → obtenir un résultat → recommencer.

Alors je commence à comprendre que la vraie question n’est peut-être pas :

« Pourquoi joue-t-on? »

Mais plutôt :

« Qu’est-ce qui nous donne envie de rejouer? »

Alors… pourquoi l’arcade existe-t-elle encore?

Je retourne m’asseoir contre mon arbre. Les pattes dans l’eau.

Et je repense à la question du début.

Pourquoi aller dans une arcade alors qu’on possède déjà tant de jeux dans sa tanière?

Peut-être justement parce qu’une arcade ne cherche plus nécessairement à nous offrir plus de jeu.

Elle cherche à nous offrir une expérience différente.

Une machine qu’on ne possède pas chez soi.

Un contrôleur étrange.

Une partie avec un autre joueur.

Un défi qu’on peut comprendre rapidement.

Une expérience que l’on peut essayer sans devoir s’engager dans une aventure de 100 heures.

Et là…

je pense à l’Arcade des Écorces.

Une petite arcade au cœur d’Érablia

Chez nous, l’idée de l’arcade est un peu différente.

Ce n’est pas simplement un endroit où empiler des jeux.

C’est un endroit pour expérimenter.

Pour essayer rapidement une mécanique.

Pour découvrir un type de jeu.

Pour entraîner ses réflexes.

Pour comprendre une façon de jouer.

Et surtout…

pour découvrir ce qu’on aime.

Pas besoin de consacrer cinquante heures à un jeu pour savoir s’il nous plaît.

Quelques minutes peuvent parfois suffire.

Et si ça ne nous plaît pas?

On passe au suivant.

C’est justement pour ça que trois expériences ont trouvé leur place dans les branches d’Érablia.

Défense du barrage

Le barrage est menacé.

Il faut observer.

Réagir.

Protéger.

Une petite expérience qui permet de travailler ses réflexes et sa capacité à réagir sous pression.

Attaque sur la cité

Ici, on passe à l’offensive.

Observer.

Décider.

Agir.

Une autre façon d’expérimenter la rapidité et la prise de décision.

La Forêt d’Érablia

Et puis il y a notre forêt.

Un espace où le jeu devient directement une porte d’entrée vers notre univers.

Trois jeux très différents.

Mais une même philosophie :

essayer rapidement, découvrir, apprendre et peut-être devenir meilleur.

5 SECRETS D’ARCADE — Le savais-tu?

1 — Les Easter eggs : des signatures cachées

À une époque où certains développeurs n’étaient pas crédités directement dans les jeux, quelques-uns ont trouvé une solution…

Cacher leur nom dans le jeu.

Ces messages secrets font partie des ancêtres de ce que nous appelons aujourd’hui les Easter eggs.

Des décennies plus tard, les joueurs continuent encore à chercher ce que les développeurs ont pu cacher dans leurs jeux.

2 — Un secret caché pendant près de 40 ans

Des signatures cachées

STARSHIP 1 — 1977
Le message caché « HI RON! »

Savais-tu qu’un Easter egg est resté caché pendant environ 40 ans dans un jeu d’Atari?

Dans Starship 1 d’Atari, sorti en 1977, une combinaison extrêmement improbable permet de faire apparaître le message :

« Hi Ron! »

…et d’obtenir 10 parties gratuites!

Le secret n’a été documenté qu’en 2017.

Il faut notamment insérer une pièce tout en maintenant certains boutons et manipuler le levier « slow » d’une manière particulière.

Il s’agit de l’un des plus anciens Easter eggs d’arcade connus.

3 — Et si certains secrets n’avaient toujours pas été découverts?

Et voici peut-être la partie la plus fascinante…

Il pourrait encore exister des Easter eggs plus anciens qui n’ont jamais été découverts.

Le chercheur Ed Fries a souligné que plus d’une centaine de jeux d’arcade avaient déjà été commercialisés avant Starship 1.

Autrement dit…

des ROM vieilles de près de 50 ans pourraient encore cacher des secrets.

Quelque part dans le code d’un vieux jeu oublié se trouve peut-être un message que personne n’a encore trouvé.

4 — Pac-Man cache une erreur devenue légendaire

Pac-Man possède l’un des bugs les plus célèbres de l’histoire du jeu vidéo.

Le niveau 256.

Une partie de l’écran devient soudainement remplie de symboles et de morceaux de graphismes corrompus.

Pourquoi?

Le jeu atteint une limite liée à la façon dont il stocke et calcule le numéro du niveau.

Résultat :

le niveau devient pratiquement impossible à terminer normalement.

C’est le célèbre Kill Screen de Pac-Man.

5 — Des records qui survivent pendant des décennies

Certains records d’arcade ont survécu pendant des décennies.

À l’époque, pas de diffusion en direct.

Pas de vidéo 4K.

Pas d’Internet pour publier immédiatement son exploit.

Les performances pouvaient être documentées grâce à des témoins, des photographies ou des enregistrements vidéo.

Aujourd’hui encore, les passionnés continuent de retourner sur ces vieilles machines pour essayer de repousser des scores établis il y a parfois plusieurs décennies.

🫵 Et toi?

Quel est ton record dans l’Arcade des Écorces?

Serais-tu capable de battre notre meilleur membre, qui a obtenu :

275

Écris-nous ton meilleur score!

Un prochain palmarès des meilleurs joueurs sera publié très bientôt. 🔜

🟡 BONUS — Le score parfait de Pac-Man

Le score parfait de la version arcade originale de Pac-Man est devenu l’un des exploits les plus célèbres du jeu.

Pour y arriver, il faut pratiquement tout prendre sur son passage avant d’atteindre le fameux niveau 256 :

manger toutes les pastilles;

manger tous les fruits;

manger les quatre fantômes après chaque boule de puissance lorsque cela est possible;

et accumuler le maximum de points disponible.

Le résultat?

Le score parfait est exactement 3 333 360 points. Il faut maximiser tous les points possibles avant et pendant le niveau 256. Guinness reconnaît Billy Mitchell comme le premier joueur à avoir réalisé ce score parfait, le 3 juillet 1999.

Une seule occasion manquée…

et le score parfait disparaît.

🦫La sagesse du Castor

Le Ragondin est reparti.

Le soleil descend tranquillement derrière les arbres.

Je regarde encore une fois l’eau.

Et je crois avoir enfin compris pourquoi l’arcade refuse de disparaître.

Elle n’a jamais vraiment été une question de durée.

On ne va pas à l’arcade pour jouer longtemps.

On y va pour vivre quelque chose.

Pour essayer.

Pour se mesurer à une machine.

À un ami.

À soi-même.

Et parfois, pour découvrir un jeu dont on ne soupçonnait même pas l’existence.

Alors peut-être que les arcades ne sont pas en train de disparaître.

Peut-être qu’elles sont simplement en train de changer.

Car tant qu’un joueur pourra s’approcher d’une machine, mettre les pattes sur les commandes et penser…

« Allez… une dernière partie. »

…l’esprit de l’arcade sera toujours vivant.

J’ai compris…

« Nul besoin de parcourir toute la rivière pour savoir si l’eau est bonne. Parfois, il suffit d’y tremper les pattes…et d’essayer. »

Érable, le Castor Mythique

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Quand les pixels refusent de disparaître