Assis contre mon arbre, les pattes dans l’eau, je me pose une drôle de question...
Pourquoi sauvegarde-t-on autant nos jeux alors qu’on oublie quand même la moitié de ce qu’on y faisait?
Reprenez une vieille partie après quelques mois.
Votre personnage est planté devant une grotte.
Il possède 14 objets dont vous ignorez l’utilité.
Trois missions sont commencées.
Un certain Gérard vous déteste profondément.
Et vous n’avez absolument aucune idée pourquoi.
Félicitations. Votre sauvegarde fonctionne parfaitement.
Votre mémoire, un peu moins.
C’est là qu’un vieux concept devient soudainement intéressant :
le journal de bord.
Une sauvegarde sait où nous étions.
Un journal raconte comment nous sommes arrivés là.
« Captain’s Log... »
Il suffit presque de ces deux mots.
Un capitaine, un vaisseau, quelques étoiles et, normalement, un problème spatial suffisamment sérieux pour occuper le reste de l’épisode.
J’ai toujours aimé ce procédé de Star Trek.
Parce que le capitaine ne rapporte pas seulement ce qui s’est passé.
Il raconte son aventure.
Et c’est peut-être ça qui m’a toujours fasciné dans le Captain’s Log.
Un journal ne conserve pas seulement les événements.
Il conserve le regard de celui qui les a vécus.
Et finalement, c’est plutôt ingénieux.
Parce qu’un journal de bord n’est pas uniquement la trace de ce qui s’est passé.
C’est la trace laissée par celui qui l’a vécu.
Captain’s log
“Inspiré par ce procédé narratif emblématique de la franchise Star Trek que j’ai tant aimé!”
Bien avant les capitaines de l’espace...
Bien avant Star Trek, les explorateurs tenaient déjà leurs journaux de bord.
Pendant le voyage de l’Endeavour , James Cook consignait notamment son trajet et ses observations.
🦫 Trouvaille du Castor
Cette comparaison faite par le National Museum of Australia entre le journal du navire et une boîte noire, illustre bien que les explorateurs avaient déjà inventé leur sauvegarde puisqu’il conservait une trace de leur voyage.
Avec beaucoup moins de points de voyage rapide, Mais le principe est là.
Et mon cerveau de Castor a évidemment commencé à faire des rapprochements.
Le journal de bord : voici ce qui s’est passé pendant mon voyage.
La sauvegarde : voici où j’en étais.
Le journal du joueur : voici ce que j’ai vécu.
La boite noire d’Endeavour
“Je m’imagine découvrir les secrets du journal de bord de James Cook”
Et pendant tout ce temps, nos jeux tenaient déjà des journaux
En regardant les jeux explorés à la Souche des manettes, j’ai réalisé quelque chose.
Journaux, archives, rapports, enregistrements...
il y en avait déjà partout.
Et certains ressemblaient étrangement à des journaux de bord.
Phasmophobia : prendre des notes pendant que quelque chose essaie de nous tuer
Dans ce jeu, le Journal sert à consigner nos preuves pour identifier le fantôme.
Il garde la trace de ce qu’on a découvert...
pas de ce qu’on a ressenti quand le fantôme nous est apparu en pleine face.
Étrangement, « cri très digne suivi d’une retraite stratégique précipitée » ne fait pas partie des preuves à cocher.
Enquête Phasmaphobia
“Décidément je suivais peut-être déjà mon entraînement de journal de bord…”
Satisfactory : heureusement qu’il y a un Codex
Dans Satisfactory, le Codex conserve nos découvertes au fil de la progression.
Mais il ne raconte pas pourquoi ce convoyeur fait trois fois le tour de l’usine alors qu’il aurait pu aller tout droit.
Ça, c’est notre histoire.
[→ Retrouver mon aventure dans Satisfactory à la taniere du castor]
Le Codex, un genre de journal de bord
“Un petit aide-mémoire ne fait jamais de tort.”
The Outer Worlds 2 : fouiller dans le journal privé des autres, mais pour la science
Dans The Outer Worlds 2, on lit plutôt les journaux des autres.
Normalement, c’est assez mal vu.
Dans un jeu vidéo, ça s’appelle « explorer le lore ».
Beaucoup plus respectable.
Ils racontent leur histoire.
Pas ce que nous avons vécu en la découvrant.
Lire le journal de bord des autres!
“C’est pas bien vu mais c’est le fun!”
Resident Evil HD Remasterisé : cher journal, la situation s’est légèrement détériorée
Dès journaux retrouvés racontent ce qui s’est passé avant notre arrivée.
Et généralement...
ça ne s’est pas très bien passé.
Ils gardent la mémoire des anciens occupants.
Pas celle du joueur qui les lit en se demandant pourquoi il continue malgré tous ces avertissements.
Nous sommes joueurs. Nous avons nos principes. 🦫
Les Nouvelles ne sont rarement excellentes
« Excellente journée. J’ai arrosé les plantes. Tout le monde se porte remarquablement bien. Je vais maintenant me coucher tôt mais quelques chose va hanté ma nuit !”
Friday the 13th: The Game : parce qu’une archive n’a pas besoin d’être écrite
Dans Friday the 13th: The Game, les traces prennent une autre forme : des cassettes à collectionner.
Parce qu’une mémoire n’a pas besoin d’être écrite.
Elle peut aussi être enregistrée.
Mais là encore, la cassette conserve leur histoire.
Pas celle du joueur qui la découvre.
Une cassette VHS…
“Jespère que ce n’est pas la video du cercle”
Crime Scène Cleaner : bon, parfois notre travail consiste plutôt à faire disparaître les traces
Et puis il y a Crime Scene Cleaner.
Depuis le début, je vous parle de traces qu’on essaie de préserver.
Ici...
notre travail consiste surtout à les faire disparaître.
Disons que notre idée du journal de bord vient de prendre un petit détour.
Nettoyer les preuves
“Si je consigne un journal de bord sur ce jeu…est-ce que la police va débarquer dans ma tanière ?”
Mais il manque quelque chose...
Tous ces journaux gardent des traces.
Une preuve.
Une découverte.
Une histoire.
Mais ils ne savent pas nécessairement ce que nous, joueurs, allons retenir.
Dans R.E.P.O..., quelques mois plus tard, nous souviendrons-nous vraiment de l’objectif?
Moi, je risque surtout de me souvenir de ce plan absolument génial qui a fonctionné...
pendant environ six secondes.
Et c’est là que j’ai compris ce qui manquait.
Le jeu garde la trace de la partie.
Pas toujours celle de notre aventure.
Alors le Castor a sorti son carnet
Toutes ces traces m’ont donné envie d’en conserver une autre : celle du joueur qui vit l’aventure.
Pas une encyclopédie.
Pas une simple note :
Graphismes : 8/10 Son : 7/10 nombre de castors : scandaleusement insuffisant.
Mais un véritable journal d’exploration.
🧭 J’explore. 🔎 Je découvre. 📚 Je cherche. 🌱 J’apprends. ✍️ Je consigne.
C’est ainsi qu’est née l’Archive de la Souche : Une collection de Journaux de bord rapportés de mes aventures dans les jeux vidéo.
[→ Explorer l’Archive de la Souche]
Le concept était là.
Il ne restait plus qu’à choisir une première destination.
Alors, où envoyer irais-je pour ma toute première expédition?
Évidemment, il fallait commencer par un territoire particulièrement dangereux...
Première expédition : The Sims 4
The Sims 4.
Ne riez pas.
Vous n’avez jamais laissé un Sim gérer sa journée sans surveillance.
Et le hasard a bien fait les choses : dans Parenthood, les Sims peuvent eux-mêmes tenir un journal privé.
Mon premier journal de bord parle d’un jeu qui a aussi un journal privé
Donc résumons.
Donc, pour inaugurer mes Journaux de bord, j’ai choisi un jeu...
où les personnages tiennent déjà un journal.
Très bien.
Même les Sims avaient eu l’idée avant moi.
La différence?
Eux allaient consigner leur vie.
Moi, j’allais consigner mon exploration de la leur. 🦫
L’archive de la souche
“Le lieu des journaux de bord du Castor Mythique”
🦫 La sagesse du Castor
Je ne sais pas encore à quoi ressemblera chacun de mes Journaux de bord.
Et honnêtement, tant mieux.
Chaque jeu laissera ses découvertes, ses questions et probablement quelques catastrophes mémorables.
Je ne cherche pas à conserver la mémoire parfaite d’un jeu.
Plutôt la mémoire imparfaite, curieuse et personnelle d’un. Castor qui l’a exploré.
Les journaux de bord du Castor Mythique, une revue de jeu vidéo…histoire quelque peu différente…
🌿 « On peut quitter un monde sans vraiment le perdre. Il suffit parfois d’avoir pensé à en rapporter quelques histoires. »
Maintenant, si vous voulez bien m’excuser...
j’ai un journal à remplir.
Et probablement un Sim à empêcher de mettre le feu à quelque chose.
Érable , le Castor Mythique.